DE BAB BOUJLOUD A BAB JDID PAR ZQAQ ROWAH, OUED SOWAFINE ET CHAQ BDÈNJALA

Notre promenade d’environ trois heures commence à Bab Boujloud .Mais avant d’y entrer, visitons si possible l’étonnant collecteur des eaux sur la droite près du petit poste de garde .Autrefois, il distribuait l’eau avec ingéniosité par de petits canaux souterrains.

Nous voilà donc sur la place Serrajine.

Laissons les restaurants et tournons à gauche pour prendre tout de suite à droite Tala’a Kbira .Ce tronçon est appelé Guezzarine (les bouchers).il faut préciser que Tala’a Kbira est la plus longue artère commerçante dela Médina.Elle débute à Bab Mahrouq si on y inclut Sellaline à ‘Attarine si on peut aussi l’inclure.

Longue,large et presque en ligne droite, Tala’a Kbira change de nom chaque fois qu’une activité en remplace une autre .Pour plus de clarté,tant que nous ne la quitterons pas,nous lui garderons le même nom en précisant celui du métier que les Fassis donnent à chacune de ses portions .Une autre précision de taille : les noms de  rues ne changent pas parce qu’elles partent dans un sens différent mais parce qu’elles changent de corps de métier ou de quartier ;des rues partent en fourche à gauche et à droite ,des rues zigzaguent en coupant d’autres rues ou encore une même rue bien droite change plus d’une fois de nom.

Pour le savoir ,il suffit de remarquer que le nom change là où il y a rétrécissement et voûte en arc .Parfois l’emplacement des gonds d’autrefois est là pour rappeler la porte disparue.

Nous pouvons jeter un œil sur la petite Kessaria à droite qui revient sur Sarrajine .Jama’ Sid Lazzaz, un peu plus bas, est une des plus anciennes mosquées (il paraît que l’on y vient casser des œufs frais sur la première marche de l’entrée en faisant des vœux).

Quelques mètres plus loin, en hauteur sur le mur de gauche, se trouve la fameuse horloge à eau de la medersa Bouanania .Une clepsydre de treize timbales métalliques, des ouvertures et à intervalles réguliers,…mais ça c’est déjà le passé, aujourd’hui il doit en rester cinq ou trois ou plus rien, vu que la restauration s’éternise.

Sous l’horloge, dans une étroite impasse, derb Magana (rue de l’horloge), nous avons la masria (maisonnette en étage) qu’occupait Moussa Ibn Maimoun dit Maïmonide.

Tout de suite à gauche sous «Saba», nous avons les latrines mérinides et en face la célèbre medersa Bouanania, un chef-d’œuvre mérinide toujours en cours de restauration .Un bijou ciselé arabo-andalou d’architecture et de décoration.

À gauche, à l’angle de derb Bensalem une mosquée tient lieu de zaouïa à la tariqa tijaniya.

Partout, dans l’artère dela Tala’a Kbira des magasins de métiers divers des plus anciens aux plus modernes .On débouche sur une placette appelée Hmamsiyine (les grilladins de pois chiche), elle continue de porter le même nom même s’il y a plus qu’un seul à griller les pois chiche et autres pépites .Là, il ne faut pas passer sans savoir que fondouq La’achich avait servi d’hôpital de fortune pendantla Résistance, on y rapatriait les nationalistes blessés. À quelques pas à droite nous pouvons voir, mais sans indication sur place, une petite maison à un étage où avait habité l’éminent Ibn Khaldoun quand Fès vivait son âge d’or.

Plus bas sur la gauche, juste après la brèche faite par la percée de ‘Aïn-Zleten, nous avons Qa’at Sman, le fondouq où on vend toujours huile d’olive, beurre rance, miel et viande séchée (Khli’).En face fondouq Tazi a gardé presque sa fonction première, l’hôtellerie, sauf qu’autrefois le rez-de-chaussée était prévu pou les bêtes de somme .Derb el-Horra rejoint à droite l’autre Tala’a par le quartier Souiqt Bensafi .

Nous allons continuer sur Tala’a Kbira appelée ici Derraqène où il n’y a pas longtemps les juifs y fabriquaient les cadres .Avant d’arriver sur fondouq Labbata,là où on ôte la laine des peaux d’ovins,admirons mzara de Moulay Idriss,avec son garde-fou en fer forgé,qui peut faire penser à une fontaine sans eau .Avec la laine que fournit fondouq Labbata,et la proximité des tanneurs de ‘Aïn-Zleten,on peut comprendre pourquoi les fabricants de cadres s’étaient fixés à cet endroit .

Qantrat Bourous est la placette où, sur l’artère principale, se termine Derraqène et où commence Chrabliyine (charbil : chaussures de femme sans quartier ni talon).Par cette placette, on peut revenir aux tanneries de ‘Aïn-Zleten en prenant derb Farrane Cowicha .En laissant à droite Zqaq l’Ma et derb Rha, nous avons à gauche hammam Bourous, à droite la fontaine Chrabliyine puis plus bas jama’ Chrabliyine, son msid et ses latrines .Cet ensemble mérinide est d’une architecture ravissante.

Une voûte en «Saba» nous rappelle qu’il y a changement de nom, nous voilà dans le tronçon appelé Terrafine où les cordonniers sont toujours là.

Il faut citer, sur Tala’a Kbira, la survivance de deux métiers des temps anciens représentés chacun par une seule personne .Les «kharratène», tourneurs de bois, et les «qabbabine», fabricants de seaux et de sandales en bois «qob et qbaqab» pour le hammam, étaient nombreux .Le captivant kharrat et le charmant qabbab font des merveilles de leurs mains, mais pour combien de temps?

Nous allons quitter Tala’a pour prendre à droite Zqaq Rowah .Sachons que nous laissons à gauche par Bou’aqda, dar Dmana des chorfa Ouazzaniyine et la monumentale fontaine Demnati.

Par Zqaq Rowah, nous remontons en direction De Souiqt Bensafi.

À droite dans une impasse, ce qui était une merveille, dar l’Mrayat où venait se recueillir Sidi Ahmed Tijani et de là allait rendre visite au sultan mystique Moulay Slimane.

Dar l’Mrayat, appelée ainsi grâce au miroir virtuel que crée son bassin circulaire, est également khalwa des Tijaniyine, lieu de recueillement (le mqadem de la tariqa peut la faire visiter).

Quelques pas et nous sommes devant une porte de dar Moulay Slimane dont la porte principale est sur Zqaq Lahjar.Au bout de la rue,nous voilà sur Souiqt Bensafi .il nous faut savoir que cet endroit,bien animé,est un nœud sur l’artère de Tala’a Sghira.En prenant à droite Tala’a Sghira,nous avons ce qui reste du palais Mnebhi devenu restaurant   .Nous laissons Tala’a Sghira remonter en ligne droite et nous prenons à gauche derb Sidi Mohamed Belhaj,rue des lieux saints : les mausolées de Sidi Zouïten et de Sidi Ahmed Ben Nacer,les zaouïa des Debbaghiyine et des Baqqaliyine.La rue tourne à gauche à la suite de l’immense dar Ababou,le chambellan du sultan Moulay Youssef .Deux grandes fontaines délimitent cette demeure .

En allant tout droit nous passons par une placette où ‘Aqebt Sba’ remonte à droite vers Douh.Nous allons continuer tout droit sur Oued Sowafine.Nous entamons le quartier des grandes demeures et des beaux palais .Si Riad Mokri est devenu une administration son palais sur Chaq Bdènjala est par contre morcelé et mal entretenu .Nous laissons descendre à gauche ‘Aqebt el-Firane et remonte à droite derb el-Hamiya pour nous engager sur Chaq Bdènjala (littéralement :la brèche dans l’aubergine rappelant probablement le passage opéré dans les vergers et les potagers).À droite et sur toute la rue,nous avons une seule demeure,le palais Mokri.On peut,en insistant,visiter certaines ailes.

Quelques marches font changer de nom à la rue qui devient derb Bab Jdid et descend sur Jnane Mokri puis ‘Arsat l’Mdalsi (jardins et vergers)

Aménagés aujourd’hui en quartier d’habitations.

De loin, on voit ‘Adoua el-Andalous et Borj Sud .Nous continuons à descendre, des jardins subsistent sur la droite jusqu’à Bab Jdid, notre destination finale .Un coup d’œil s’impose sur cette porte-aqueduc sous la quelle coule la rivière en contre-bas .Porte ou aqueduc ?c’est une énigme.

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