DE BAB SID L’AOUAD A BAB GUISSA PAR QARAWIYINE ET MOULAY IDRISS

Bab Sid l’Aouad se trouve au font et à droite sur Rcif,la place en cul-de-sac.
On y accède en bus, en taxi ou dans sa propre voiture (stationnement difficile et anarchique).Cette porte en ogive donnait, avant la percée de Rcif, sur la ruelle qui mène au mausolée de Sid l’Aouad.
Aujourd’hui, la ruelle a perdu un de ses pans sur une dizaine de mètres et continue plus loin pour passer devant le mausolée et ressortir sur la percée.Notre promenade d’environ trois heures commence sous cette arche.

En face, Khrachfiyine, à droite Nakhaline , à gauche, Qantrat Tarrafine, le pont des cordonniers que nous franchissons.
Nous prenons Sebbaghine(les teinturiers)tout de suite à droite,en laissant Rcif à gauche et Bab Sensla en face .Un véritable plaisir des yeux que l’éclat des bleus et des rouges de cette laine accrochée aux portes ou jetée à même le sol.

Mais attention aux éclaboussures ! Dès la sortie de ces lavoirs, laissons à droite Qantrat Khrachfiyine et l’édifice de la bienfaisance Mohammadi construit par le roi Mohammed V et continuons sur Seffarine.
Nous avons d’abord les marchands d’objets en argent et cuivre avec Jama’ Sid Talloq et sa source sur la gauche puis la place Seffarine et ses dinandiers.

Arrêtons-nous à l’ombre de l’énorme platane pour énumérer les monuments de cette place sans nous soucier du concert des marteaux et des burins sur le métal .À droite,la medersa Seffarine,la première à être construite dans la ville et la seule avec celle de Bab Guissa à héberger encore des étudiants .Elle est dotée d’un minaret trapu d’une beauté exquise .À gauche,la grande bibliothèque de la Qarawiyine,le siège du conseil des oulémas et une fontaine en marbre dont les travaux semblent ne pas avoir abouti .Et dos à dos,à l’angle de derb Seffarine et derb Hyadriyine, les deux célèbres hammam Sghir et Kbir,qui selon les dires des gens,dateraient de l’époque de la fondation de Fès.

Entre derb Mechatène (les fabricants de peignes en corne) et la fontaine, Boutouil, la longue et sombre rue, contourne l’université-mosquée de la Qarawiyine jusqu’à l’angle de la medersa ‘Attarine .Sur Boutouil, à part le Farrane au début de la rue,tout ce que nous avons à gauche appartient à l’ensemble de l’édifice Qarawiyine(voir plan).Par contre sur tout le côté droit de Boutouil,nous avons Sbaa’ Louyat(l’impasse aux sept tournants)le quartier huppé avant la construction de Ziat .Quelques pas plus loin,bien après la basse Khalwa au-dessus de nos têtes(lieu de recueillement attenant à la Qarawiyine)le célèbre fondouq Tastawniyine(le caravansérail des Tétouanais).À visiter !Après un coude à angle droit,nous avons Mesbahiya,la plus grande medersa de la ville(fermée pour restauration).

Souvent parmi les meilleurs éléments de cette medersa était choisi«soltane tolba», le sultan des étudiants. À la limite de Boutouil : l’incontournable glacier-patisserie avec ses deux ou trois tables.
Arrêtons-nous pour un café ou une glace .Les gens attablées discutent facilement des itinéraires,des lieux à visiter et en particulier de la Qarawiyine.Nous laissons Rhabt l’Qïs et ‘Attarine sur la droite et nous prenons à gauche Smat La’adoul(l’allée des notaires,il n’y en a plus aucun !).

Dès que nous arrivons près de Bab Chemmaïne,une des portes de la Qarawiyine,nous tournons à droite sur la place Chemmaïne.Tout de suite dans une des entrées de Kessaria,nous avons le beffroi ou Borj Qarawiyine,le futur musée des Astrolabes(fermé !).D’une étroite impasse, on peut approcher le beffroi en grimpant sur la terrasse d’une maison .Un atelier de tisserands est à l’étage et nous sommes surpris par l’habileté de l’adolescent derrière son métier à tisser.

Sur Chemmaïne (les marchands de cierges), on vend surtout des fruits secs, d’ailleurs fondouq Chemmaïne sur la gauche était, avant d’être ravagé par un incendie,le lieu du commerce en gros de fruits secs d’où l’appellation première de fondouq Qachachine,construit au XIIIe s.
Nous laissons à gauche la fourche de Qettanine et Ras Cherratène et nous continuons à droite en laissant à l’angle Mdaïmiyine(les marchands des ceintures),une seconde sortie de Cemmaïne.Nous passons en dessous du mi’arad,traverse en bois poli par les mains et par le temps,à hauteur d’épaule,qui interdit l’entrée aux bêtes de charge…C’est aussi,disent d’autres de se prosterner à chaque fois que l’espace sanctifié de Moulay Idriss est foulé(horm).

À partir de cet endroit et jusqu’à l’autre mi’arad côté Nejjarine,nous pouvons entendre palpiter le cœur de Fès .Laissons face à nous une autre entrée de la Kessaria et prenons à gauche .La rue va contourner le mausolée de Moulay Idriss ponctuée de portes(voir plan).Après la première entrée de la mosquée-mausolée,nous avons une fontaine puis une mzara .Dans le mur joliment décoré de cette dernière une fente percée dans une plaque en cuivre reçoit les dons .La collecte annuelle revient aux démunis parmi les descendants du saint,patron de la ville .Dans un coin,l’impasse sombre de derb l’Oued avait une ouverture dans le mur du fond qui donnait autrefois sur derb Sidi Moussa .Par cette ouverture,il était possible aux maîtresses de maison de déposer leur «wasla»(planche à pain),que «tarrah»,le livreur du four public ou un passant portait au farrane du coin.

Arrivés à Bab Toumiyat, laissons la rue qui contourne le mausolée et prenons à gauche la rue du second mi’arad .Cette couverte rue appelée Bab Moulay Idriss est assez particulière avec ses parfums,ses pièces rares et ses nombreux cierges décorés suspendus aux devantures.

Après le passage de la seconde traverse, nous nous retrouvons sur derb Sidi Moussa face au hammam .il nous faut savoir,qu’à gauche,après le farrane,se cachent dans une coudée de pittoresques tanneries avec leur fontaine,leur mosquée à balustrade suspendue au-dessus d’un grand bassin.

Entre le hammam et l’entrée de la célèbre place Nejjarine,ne pas hésiter à déguster les différents parfums des nougatines de Fès(les tourons andalous).Là,nous avons la fameuse fontaine et le fondouq Nejjarine(XVIIIe s.)devenu musée des Arts et Métiers du Bois .À visiter absolument ! La restauration est heureuse .Espérons que l’exemple soit suivi .Nous pouvons prendre un rafraîchissement sur la terrasse d’où il est possible d’apercevoir la coupole pyramidale de Moulay Idriss et au loin, la colline des Mérinides. À partir de la place, nous pouvons visiter Seqqatène (fabricants des selles pour la fantasia).

Repartons sur Fakharine (les potiers), l’allée qui va nous mener par une petite porte au Souk l’Hanna (le marché du henné).Avant d’arriver aux potiers puis aux herboristes, nous passons sous le porche où se tiennent à l’affût les «sahhafa» (les croque-morts).Une placette avec deux beaux platanes, visibles du tour de Fès, une fontaine et l’étalage des céramiques bleues .En face le célèbre Maristane de Sidi Fraj,l’hôpital psychiatrique,aujourd’hui devenu une petite Kessaria.

On ressort à gauche par la seconde porte du Maristane sur ‘Attarine en laissant à droite ses souks .
Au premier carrefour, prenons à droite, Guezzarine une ruelle de cinq ou six boucheries.
Nous voilà sur Jouteya, (une place-marché).Nous entamons un des quartiers les plus populaires de la ville avec les poissonniers et les marchands de légumes jusqu’à Qbieb Naqès.En laissant Noua’ariyine remonter à gauche et Sagha à droite, continuons avec les gargotes et leurs relents de friture ou l’arôme fort des escargots jusqu’à ‘Achabine.Les herboristes et leurs grigris, leurs animaux empaillés ou vivants, oiseaux, hérissons, caméléons, tortues, iguanes…de chaque côté du cinéma ‘Achabine.
Remontons derb Haffarine puis Brad’iyine vers Bab Guissa en traversant le quartier Fondouq Lihoudi .Fin de parcours .Peut-être sommes-nous essoufflés,mais ravis !.

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